A l’heure du digital, il existe désormais de nombreuses solutions pour développer l’activité de son entreprise. Parmi ces solutions, on retrouve notamment le parrainage client. Cet outil, utilisé depuis plusieurs années par les commerçants, profite également du numérique pour se moderniser.

Aujourd’hui, il est possible d’automatiser le processus de diffusion et de traitement des parrainages. Par exemple, des emails sont envoyés automatiquement aux clients pour les inciter à recommander une marque à leurs amis. Cela permet ainsi de gagner du temps sur la mise en place et la gestion d’un tel programme. Le choix de la récompense est l’une des étapes les plus importantes. Elle doit être attirante tout en respectant l’aspect légal. Il devient donc important pour une entreprise de rester informée avant de rémunérer un client.

Le parrainage client

Une récompense adaptée à chaque entreprise

Bien choisir la récompense

Comme nous venons de le voir, une étape clé dans l’implémentation du parrainage marketing concerne le choix de la récompense. En effet, selon l’activité de l’entreprise, son âge ou encore la nature des produits proposés, la récompense varie. Généralement, il s’agit d’une réduction sur un prochain achat ou de frais de port offerts pour un site e-commerce. En revanche, une entreprise de service offrira une prestation, un mois d’abonnement ou elle préférera rémunérer un client.

Ainsi, selon l’activité de l’entreprise, la nature de la récompense varie. C’est notamment le cas pour les entreprises dont le cycle d’achat est long. Parmi ces sociétés, on retrouve les banques, les assurances ou encore les concessions automobiles. La difficulté de ces sociétés est d’inciter un client à recommander leur marque grâce à une récompense incitative. Par nature, le cycle de réachat est long et la réduction n’est pas cohérente pour provoquer la recommandation client.

Rémunérer le parrain

C’est pour cela que certaines d’entre elles ont décidé de mettre en place un système de parrainage offrant directement une somme d’argent. Autrement dit, elles offrent un montant financier à leurs clients pour chaque filleul devenu client à son tour. Toutefois, rémunérer un client n’est pas sans conséquence au niveau légal :

  • Combien peut percevoir un client par mois/par an ?
  • Quelles sont les démarches à suivre ?
  • Est-ce considéré comme du travail ?

Rémunérer un client avec le parrainage client

Quelle type de rémunération choisir ?

Carte/chèque cadeau

Comment nous l’avons vu précédemment, il existe différents types de récompenses pour les ambassadeurs de marque. Il est indispensable de proposer une offre en cohérence avec l’activité de l’entreprise et surtout qui soit attirante et incitative.

La carte et le chèque cadeau sont d’ailleurs des solutions adéquates pour les entreprises. En effet, elles offrent de nombreux avantages. Elles sont faciles à mettre en place et ne nécessitent aucune action au préalable. Il suffit tout simplement de réaliser un contrat avec une société spécialisée dans ce domaine (Cadhoc, Sodexo, Kadéos).

Il s’agit également d’une récompense incitative dans la mesure où elle offre une liberté d’utilisation aux parrains. Par liberté, on entend le fait que les clients peuvent utiliser leur récompense dans la boutique de leur choix. Il n’y a aucune contrainte particulière.

D’un point de vue légal, la remise d’une carte cadeau ou d’un chèque cadeau ne nécessite aucune action de la part de l’entreprise ou du client. Il s’agit de la solution la plus efficace et de la plus simple à mettre en place

La rémunération financière

La rémunération financière est probablement la récompense qui incite plus facilement les clients à recommander une entreprise ou un service. Cela s’explique par le fait que les consommateurs perçoivent une somme d’argent directement. C’est une forme de complément de revenu. De même, cela permet aux entreprises de récompenser un client dont le cycle de réachat est long.

Toutefois, comme nous venons de le dire, il s’agit d’un complément de revenu. Cela signifie alors qu’il existe certaines règles à respecter pour rester dans un cadre légal. Rémunérer un client requiert donc de prendre connaissance de la règlementation avant de lancer un programme de parrainage basé sur cette récompense.

Comment être dans la légalité

Rédiger un règlement de parrainage

Avant de lancer son programme de parrainage marketing, il est indispensable de réaliser certaines actions, comme la rédaction d’un règlement de parrainage. En effet, cette étape est essentielle pour plusieurs raisons. Elle permet de définir les parties prenantes au programme, de le délimiter dans le temps ou encore d’exposer les conditions d’attribution. De même, le règlement permet de définir un cadre au parrainage afin de limiter les abus.

Le client rémunéré : un apporteur d’affaires pour l’entreprise ?

Au niveau de la récompense financière, la loi ne précise pas quel montant peut être distribué au client. Toutefois, il est possible de comparer le parrain à un apporteur d’affaires non-assujetti au régime général. Autrement dit, rémunérer une individu pour son apport ne signifie pas automatiquement qu’il doit être déclaré comme employé.

En effet, juridiquement, le simple fait pour une entreprise de rémunérer un apporteur d’affaires ne suffit pas à déterminer son assujettissement au régime général. Selon l’URSSAF, plusieurs critères entre en ligne de compte dans la qualification de l’apport d’affaires :

  • Les consignes reçues
  • Le nombre d’interventions
  • La somme perçue

Rémunérer un client = rémunérer un employé ?

Une entreprise qui souhaite rémunérer un client doit garder à l’esprit que ces trois critères peuvent requalifier la relation en contrat de travail. En effet, selon la doctrine, un particulier peut exceptionnellement effectuer une opération commerciale sans lien de subordination pour le compte d’une entreprise. Le caractère exceptionnel signifie que l’intervention commerciale doit être occasionnelle et non répétitive. Le versement financier doit également rester « modique » pour pouvoir rémunérer un client légalement

En résumé, un apporteur d’affaires occasionnel qui ne reçoit aucune consigne de la part de l’entreprise et qui perçoit une somme modique n’a pas le statut d’employé. La relation entre le client et la société n’a pas de caractère professionnel. L’intervention du client n’est donc pas soumise aux cotisations de Sécurité Sociale. Autrement dit, la somme perçue pour le service rendu n’est pas considérée comme la rémunération d’une activité exercée pour le compte d’un employeur.

Prévoir une somme modérée

L’entreprise qui cherche à rémunérer un client doit donc penser à la somme qu’elle souhaite distribuer. Comme nous venons de l’exposer, la rémunération se doit d’être occasionnelle et surtout modique. Ainsi la société doit limiter le nombre de parrainages possibles (par mois ou par an) afin de conserver une relation non professionnelle avec son client.

Prenons l’exemple de Boursorama. La banque en ligne rémunère ses clients 150€ par filleul et limite le nombre de parrainage à 3 par mois. Ainsi, les parrains perçoivent une somme « modique » et la rémunération reste occasionnelle. De ce fait, ses clients sont considérés comme des apporteurs d’affaires à caractère non professionnel.

Des dérives à contrôler

Cependant, il est important de rester prudent avec ce type de récompense. En effet, de nombreuses dérives sont apparues avec ces programmes de parrainage client. Par exemple, des sites spécifiques ont été créés par certains parrains pour attirer le plus de filleuls possibles. La récurrence d’intervention et les sommes perçues deviennent alors plus importantes et la relation peut être requalifiée en contrat de travail.

Les obligations du client : la déclaration de revenus

Outre l’aspect légal pour les entreprises, il est important de préciser les obligations du client rémunéré. En effet, un individu qui perçoit une somme d’argent se doit de la déclarer fiscalement. Selon la loi, les sommes supérieures à 1200 euros TTC versées par an doivent être portées sur la déclaration de revenus de l’année suivante. Ainsi, toute personne ayant perçu des avantages financiers de plus de 1200 euros par an doit garder à l’esprit que l’administration fiscale a connaissance de ces versements.

Comme vous l’avez sûrement déjà compris, il n’existe pas de texte pour encadrer la rémunération d’un client. Toutefois, il existe des lois encadrant la relation entre une entreprise et un particulier apporteur d’affaires. En ayant connaissance de cette règlementation, l’entreprise doit reverser une somme modique de manière exceptionnelle sans lien de subordination.

Les lois évoluent constamment, il n’est donc pas impossible que la rémunération d’un client soit plus encadrée prochainement. Cet article est donc susceptible d’évoluer et a pour unique vocation de vous donner des pistes de réflexion pour rémunérer un client.

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